Renaissance

Trois longues et interminables années se sont écoulées depuis son arrivée sur cette île et Utopie prend forme au delà de son esprit.
La vie se développe autour de la tour de verre.
Faune et flore s’épanouissent et se diversifie sans cesse au fil des saisons.
Le centre de l’île se compose d’une plateforme circulaire recouverte d’un fin duvet de sable blanc immaculé et le sommet de la tour dont la lueur est toujours aussi flamboyante se désagrège lentement.
Les atomes s’étiolent peu à peu dans l’air environnant pour venir se déposer autour de la structure et prendre une nouvelle forme.

A mesure que la distance s’amenuise, l’assemblage qui autrefois fut l’incarnation de la perfection se craquelle, vieillit comme un arbre sur le point de s’éteindre.
Toujours aussi haut dans le ciel sombre des nuits les plus obscurs, l’édifice ne chancelle pas.
Son créateur assis au chevet de ce malade qui meurt peu à peu pour se transformer à ses pieds n’éprouve nulle tristesse de voir son œuvre se faner ainsi.

Trois années d’une longue attente pour enfin voir ce jour arriver avec tant de grâce.
Le terme de ce long voyage débuté par delà les océans agonisants et les terres hostiles ne fût pas vain.
Ces araignées du destin qui depuis toujours tissaient leur fil de soie sans jamais abandonner avaient cessées leur tâches.

Flamboyante lueur qui soudain, meurt en silence, associé au fracas de l’arbre de vie qui disparaît en nuage de poussière à mesure qu’il meurt à son tour.
Le duvet de sable s’est enrichi de la dernière particule élémentaire.
Il n’est plus rien à attendre, plus rien à espérer, à croire…

Dans un dernier élan, il s’enfonce dans le sable de cette plage foulée par son radeau.
Le bois craquelle, gémit puis s’apaisa soulagé par le sol meuble…
Le second navire tant attendu avait terminé sa quête à son tour et la distance qui les séparaient n’était plus qu’un lointain souvenir.
Ces deux navigateurs de l’impossible s’étaient enfin retrouvé…

Deux êtres imparfaits qui jamais n’auraient du se séparer lors de la naissance de l’arbre de vie.
Deux êtres sensibles à la vie, à leur âme, vivant en hyper-conscience revenu sur la terre où jadis naquit l’arbre de vie.
Ce lieu était marqué par les renaissances de ce duvet de sable blanc et de cette particule élémentaire qui s’érigeait à intervalles irréguliers en végétal mêlé de verre…

Un nouveau chapitre d’une existence commune s’ouvrait devant eux…
Les araignées du destin avaient accompli leur œuvre et pouvaient maintenant s’éteindre sereinement…
Cette plage est la frontière de leur nouvel univers et cette luxuriante forêt qui leur fait face sera leur berceau… Pour cette première nuit…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s