L’enfant du tonnerre

La violence des éclairs n’eut de cesse de terrifier et de fasciner les hommes depuis la nuit des temps, depuis le début de l’humanité et même bien avant.
Né lors d’un orage embrasant le ciel, il fut ainsi nommé au sein de sa tribu.

Jamais apaisé, nulle sérénité ne venait jamais l’étreindre sauf lorsque le temps s’accompagnait d’éclairs menaçant de consumer toutes vies qui dans un fracassant craquement atteignaient le sol pour disparaître absorbé par la terre.
Seul instant de grâce au centre de ce monde étrange composé de campements éparse, d’hommes et de femmes tentant de survivre parmi les prédateurs et une nature hostile.

Cet enfant ainsi nommé destiné à devenir guerrier comme des générations avant lui n’avait de cesse de chercher querelle auprès des siens.
Les lunes innombrables s’écoulèrent et furent les témoins sans faille d’une succession de violence qui jalonnait l’existence de ce petit d’homme.

Isolé parmi les siens, exilé lors des nuits d’orages, il était l’enfant du tonnerre.
Ces zébrures qui se dessinaient le calmait, l’affaiblissait le rendant vulnérable pour quelconque vengeance.
La prédiction s’étaient toujours réalisé pour les enfants du tonnerre nés avant lui.
Destiné à devenir un puissant guerrier, sa vie d’humain serait marqué par sa nature, par la particule élémentaire qui le composait.

Lors d’un déluge accompagné d’une violence inouïe de fracas lumineux, le conseil des sages déciderait que son exil serait définitif.
Profitant de son affaiblissement, les guerriers de la tribu s’emparèrent du jeune homme sans mal tant il était sans défense. Incapable de lutter, sa force se dispersait un peu plus dans le ciel à chaque grondement.

Bâillonné, ligoté, il fut porté au delà du camp, après les collines, au milieu de la plus lointaine montagne visible.
Broussaille, surplombs rocheux, torrents, ravines et cavernes composaient les flancs de sa nouvelle demeure.
Peut-être la dernière…

Abandonné sur place encore lié par ses entraves, c’est sans regard qu’il parvint à se libérer de ses attaches qui tranchaient sa chair.
Ses pairs avaient pris soin de le mutiler une dernière fois afin qu’il ne retrouvent jamais le campement.
Le sang qui coulait le long de ses joues associé à ses cris de douleurs devait alerter quelques loups affamés au ventre creux et ainsi devait s’achever la vie de l’enfant du tonnerre…

Lorsque la nuit pris fin, sa vie était entre les griffes et les crocs qui se portaient à sa gorge.
La mort porté par ce loup assoiffé de sang ne serait pas sa compagne au matin.
Celui qui le tenait entre ses mâchoires aux limites du trépas était l’enfant loup…
Un enfant sauvage changeant sa forme pour devenir loup gris…

Réunis par les hommes ignorants, deux êtres a la semblable naissance mais composée de particules élémentaires bien différentes. L’enfant du tonnerre à la violence incontrôlée apprendrait de l’enfant loup…
Deux mortels destructeurs réunis par une sombre nuit et destinés à se protéger mutuellement…

Lors des nuits d’orage, les hurlements de loups ne sont aujourd’hui que le souvenir de cette rencontre…
Des hurlements destinés à rappeler aux hommes que la mort les attendait au creux de la montagne…
Il était un enfant du tonnerre, il était un enfant sauvage…

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