L’enfant de l’humanité

Née dans les décombres d’une société mortifère, elle n’avait pas encore conscience de l’avenir incertain que l’humanité partagerait dans un silence assourdissant.
Destinée à devenir l’enfant de l’humanité, son cœur martelait fort dans sa poitrine.
Les cellules de son corps se multipliaient pour croître et développer cet organisme vivant. Âgée de quelques heures à peine, elle était follement vivante…
Sa présence était un gage d’espoir pour l’humanité mourante.

De son cri de naissance, elle se reposait sur le corps chaud de sa mère qui l’avait mise au monde…
L’atmosphère dans la pièce était polaire et le feu qui brûlait faiblement à côté n’y changeait rien.

D’une ville désertée, d’un pays qui n’existait plus, d’un continent ravagé d’une planète dévastée par une apocalypse.
L’espèce humaine dominante sur la Terre avait au fil de son expansion épuisée tous les cycles de ressources biologiques disponibles.
Les populations avaient érodé les sols les plus fertiles pour nourrir une population mondiale en perpétuelle expansion.
Des mers et des océans devenu des bouillons d’incultures ou toutes vies avaient cessé d’exister plusieurs dizaines d’années auparavant.

Ce ne furent pas les germes d’une pollution à grande échelle qui vint à bout de la race humaine mais la famine qui se déployait en pandémie galopante. Une surpopulation exponentielle liée aux guerres intestines de quelques pays avait été les prémices de conflits à plus grande échelle.

Aucun progrès technologique ne pouvait endiguer les maladies toujours plus nombreuses de se développer, de muter et de se reproduire…
Des millions d’années d’évolution entre la toute première cellule et les 30 milliards d’êtres humains qui se partageaient un monde unique.
Un retour au néant programmé dans les gènes de cette espèce incapable de poursuivre son évolution au sein d’un biotope limité…
La population en décroissance rapide survivait au milieu de mégalopole de béton et d’acier désertées par celles et ceux qui pouvaient encore se déplacer.

Les quelques terres encore propices à la culture étaient la proie du reste de l’humanité. La terre était arrachée du sol et transporté à l’abri des regards pour être cultivée.
Ne restait comme ailleurs, qu’une terre débarrassée de tout éléments nutritifs.
Au fils des années, la planète fut stérilisé de force par l’espèce la plus avancée.
Aucune région du monde n’échappait à l’arasement de ses terres nécessaires à l’expansion humaine.

Elle fut l’une des dernières naissances de ce monde…
Une vie trop courte qui ne verrait jamais le soleil se lever…
Trop faible pour supporter le poids de la vie, elle aurait dû grandir pour devenir l’enfant de l’humanité…
Elle ne fut que le dernier enfant sauvage…

Une nuit étoilée pour la venue au monde de la dernière représentante de son espèce…
Sa naissance et son départ programmé depuis le début de la nuit, elle pousserait son dernier cri avant les premières lueurs de l’aube…
Elle reçu tout l’amour et l’infinie tendresse d’une mère avant son départ…
Elle était venue au monde pour disparaître d’un simple battement de paupières…
Il fut parfois, depuis le début de l’humanité, des enfants sauvages qui n’eurent pas la force de vivre au delà d’une nuit étoilée…
S’achève avec cette dernière naissance, le mythe des enfants sauvages…

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