La disparition de l’enfant sauvage

La violence des hommes avait été son berceau, son terrain de jeu, son univers de petit d’homme.
Un terreau infertile, une terre de désolation, un univers au sein duquel, la vie n’existe pas et la survie improbable…

De son regard qui embrassait cet univers et pour survivre plus que tout autre enfant, il avait accueilli en son sein un enfant sauvage…
Un être qui grandirait avec lui et le protégerait envers et contre tout…
De ces deux enfants qui vécurent ensemble, chacun portant en lui, une conception opposée du monde des humains, seul l’un deux avait survécu.

L’enfant sauvage portait en lui une violence naturelle et n’avait eu aucune difficulté à étouffer l’enfant qui l’avait accueilli.
Grandissant ainsi dans un monde familier, il avait atteint l’âge adulte emportant avec lui l’acier de son glaive.

Les années s’écoulèrent tandis que son monde se transformait lentement autour de lui.
De cette inhumanité qu’il avait porté ne restait plus qu’un homme lassé de ses guerres et qui n’aspirait plus désormais qu’à la paix de l’esprit.
Il avait partagé des draps, des vies, parcouru des routes interminablement longues, avait rencontré des femmes belles comme tous les matins du monde.
Des femmes bienveillantes à son égard et qui lui avait apporté tout l’amour dont un enfant sauvage pouvait rêver.
Mais sa nature était toujours présente…

Ce petit d’homme devenu adulte aimait maladroitement car toujours prompt à repartir sur les champs de batailles…
Les années qui s’écoulèrent ne furent qu’une intense répétition du terrain de jeu infertile de son enfance à un détail près…
Il n’avait plus au quotidien cet hôte qui l’avait accueilli et qu’il devait protéger envers et contre tout.
L’ayant simplement dépossédé avant de l’étouffer, il avait toutefois omis de brûler son essence de vie…

Ces hommes et ces femmes qu’il croisait au quotidien et qu’il ne voyait presque plus tant ils étaient invisible à son regard étaient le symbole d’une renaissance…
Peu à peu, son monde s’étiolait semblable à un arbre en automne, identique à une rivière qui s’assècherait sous le joug d’un soleil…
Cet enfant sauvage n’avait pas conscience que c’est lui qui s’effaçait lentement de cet univers.
Son hôte avait toujours été présent mais dissimulé au regard de tous pour apprendre et grandir sereinement.

Ce petit garçon n’avait plus besoin de cet enfant sauvage pour le protéger…

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